07 juillet 2017

Carnet de Papouasie #5

Les étonnantes plantes à fourmis : Hydnophytum et Myrmecodia


2 janvier 2017 : 
Plantes épiphytes, elles parsèment les troncs d’arbres tout le long de notre voyage, et elles sont l’illustration d’une interaction entre des plantes et des insectes, qui ont coévolué pour parfaire leur mutualisme.
Dans cette interaction, la plante fournit le gîte à la colonie de fourmis, sous la forme de « domaties » : Son tubercule est creux et percé de galeries et de chambres que la colonie de fourmis investit. En échange du gîte, les fourmis protègent la plante en attaquant tous ses éventuels prédateurs. Détail amusant : Certaines loges sont utilisées par les fourmis comme cimetières, et la décomposition des cadavres fournit à la plante l’azote qui lui manque dans un milieu pauvre (la canopée).


Je trouve une de ces plantes à fourmis du genre Hydnophytum judicieusement tombée de son arbre… C’est l’occasion rêvée de la ramener au bateau pour le dessiner, de l’extérieur, puis en coupe.


Photos : Christophe Thébaud





Ce qu’on n’a pas réussi à voir…


La forêt papoue est difficile, elle ne livre pas facilement ses secrets. Comparée à la mer qui nous régale de ses merveilles à chaque plongée, elle est même avare en récompenses, alors même qu’on transpire et qu’on souffle pour accéder à des endroits perchés et reculés.
Plus d’une fois, nous avons eu ce sentiment de ne pas être récompensés à la hauteur de nos efforts. C’est un milieu fermé et très dense, et beaucoup de choses se passent dans la canopée, loin de nos yeux indiscrets. L’exemple le plus douloureux, c’est cette quête infructueuse pour observer le Paradisier à gorge d’acier, l’un des plus beaux oiseaux de ces forêts, dont le mâle noir arbore un plastron irisé bleu métallique mouvant. Leur parade amoureuse compte parmi les plus étonnantes.

Nous avons entendu le chant du mâle, puissant et reconnaissable entre mille, dès le début du voyage, quasiment tous les jours, nous l’avons traqué pendant des heures, sans succès, et avec l’impression qu’il nous narguait chaque jour davantage…



Les choses qui ne se dessinent pas mais qui restent gravées dans la mémoire


- Nager avec les noctiluques (planctons luminescents qui s’allument à notre contact, quand on s’agite dans l’eau, de nuit)
- Admirer un arbre recouvert de lucioles
- S’immerger dans le chorus matinal des chants d’oiseaux
- Apercevoir les kangourous papous détaler entre les arbres
- ...





2 commentaires:

  1. mais tu es un amour toi
    même "pas là" tu penses à nous et partages dessins et souvenirs

    merci
    profite bien de tes 2 mois intenses

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  2. Curieuse histoire que cette arbre à fourmis ! :)

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